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Le Carmel tel qu'il existe actuellement en France est marqué par trois évènements fondateurs:
Vers 1209, Saint Albert de Jérusalem donne aux solitaires du Mont-Carmel la Règle qui fait d'eux des "frères ermites",
au milieu du 13ème siècle, le Pape Innocent IV en imposant aux Carmes le statut d'ordre mendiant, en fait constitutionnellement un Ordre apostolique,
au 16ème siècle, la réforme instaurée par Thérèse de Jésus et Jean de la Croix fait retour aux sources érémitiques, mais comme un moyen essentiel de prendre part à la mission de l'Eglise.
"Vivant est Dieu devant qui je me tiens" (I R. 17,1). Cette union à Dieu, cette présence à Dieu du prophète Elie, qui tend à une prière continuelle à laquelle on se dispose et que l'on reçoit comme un don, voilà le coeur du Carmel. Le chemin en est l'oraison décrite par Thérèse de Jésus comme un "échange d'amitié avec Celui dont nous savons qu'il nous aime" (Vie ch. 8), aventure d'intimité avec Dieu dans une relation personnelle avec le Christ, accueil de l'Esprit priant en nos coeurs. L'oraison est prière dans le secret, nourrie par la Parole qui achemine vers le silence et la pauvreté du coeur. Elle est vie de foi, d'espérance et d'amour avec Marie, Reine et Beauté du Carmel.
Le désert est un lieu privilégié de la rencontre de Dieu (I R. 17,3). Carmes et Carmélites sont des "frères et des soeurs ermites". C'est au désert que l'on va chercher Dieu, mais le désert, au Carmel, est dès l'origine, vécu en communauté. Solitude et communauté sont donc essentiels à la vie carmélitaine, dans un climat de pauvreté, de joie et de simplicité.
"Je suis rempli d'un zèle jaloux pour le Seigneur" (I R. 19,10) s'écriait Elie. Dès les débuts, le Carmel a la passion du Royaume. C'est toute la vie qui est apostolique: se tenir devant Dieu dans la prière silencieuse et répondre aux appels de l'Eglise compatibles avec sa vocation contemplative et érémitique. Une place préférentielle est donnée dans l'activité apostolique à la formation à la prière et à l'approfondissement de la vie spirituelle.
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Antécédents
15 octobre 1604 : Arrivée à Paris des Carmélites espagnoles, compagnes de Sainte Thérèse d'Avila, préludant à l'avènement des Carmélites déchaussées en France.
Août 1621 : M. de Bérulle, supérieur des Carmélites en France, lors d'un séjour dans la région avec Louis XIII, remarque le site d'Agen et l'estime favorable à l'établissement d'un monastère.
En des circonstances miraculeuses, un héritage survient à une novice du Carmel de Lectoure (Gers), expressément destiné à la fondation d'un Carmel. La Prieure (septième des professes françaises reçues à Paris par les Mères espagnoles) obtient, sans difficulté, l'agrément de M. de Berulle et l'approbation de l'évêque d'Agen.
Fondation
6 décembre 1628 : Arrivée de six religieuses chargées de la fondation. L'installation du Carmel se fait modestement.
Six mois après, la peste qui afflige la ville oblige les soeurs à se disperser. La communauté de nouveau réunie (en 1630) doit abandonner la maison, malsaine et trop exiguë.
Elle s'installe dans une autre demeure, reçue en don, moyennant une faible rente. L'aménagement va se poursuivre durant cinquante ans! La chapelle n'est construite qu'à la fin du XVIIIe.
Le monastère fait l'objet de la bienveillance active de la fille de Louis XIV, mère Thérèse de Saint Augustin, prieure du Carmel de Saint-Denis, à l'occasion des tractations qui réclamaient une intervention influente (plusieurs lettres de la princesse sont conservées aux archives départementales).
Avec la Révolution, le Carmel n'est pas épargné. En trois journées (17 juillet 1790, 27 février 1791, 1er janvier 1792), il endure successivement la confiscation des biens, du domicile, et la dispersion des religieuses.
La mère prieure et trois soeurs partent pour l'Espagne. Elles reçoivent un accueil très fraternel au Carmel de Saragosse. Le reste de la communauté ne pouvant les rejoindre, est hébergé dans des maisons amies. Vu l'état grave d'une malade, un petit groupe est autorisé à demeurer auprès d'elle. Il constitue le noyau autour duquel la vie communautaire se maintient sans interruption, bien que clandestinement.
Le monastère est affecté à des usages administratifs et devient par la suite le lycée (il n'en subsiste aujourd'hui que la chapelle et un rétable en bois doré, encadrant un tableau de Sainte Thérèse en extase, signé Despax).
En 1807, une petite maison est acquise. La vie régulière peut recommencer ouvertement, dans des conditions précaires.
En 1837, la réimplantation du Carmel s'impose. Grâce à une souscription, la construction d'un monastère est entreprise. Le 22 juillet 1847 a lieu la translation solennelle. Le Carmel restera implanté au coeur de la ville jusqu'en 1976.
Le bruit environnant et l'insalubrité des locaux entravant la vie régulière, un transfert du Carmel à la périphérie de la ville - commune du Passage - est entrepris.
11 juin 1976 : Inauguration du nouveau monastère.
30 octobre 1978 : Célébration du trois cent cinquantième anniversaire de la fondation, le Carmel d'Agen-Le Passage étant le quarante-deuxième de l'Ordre, fondé en France.
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